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Dépression : Dépistage et aiguillage

Notions essentielles

  • Effectuer le dépistage pour la dépression dans un milieu de soins primaires uniquement si les soutiens sont en place pour assurer le diagnostic, le traitement et les soins continus appropriés.
  • Les personnes ayant des antécédents de dépression, d'importantes maladies physiques ou d'autres troubles de santé mentale ou de toxicomanie sont prioritaires pour le dépistage de la dépression.
  • Écarter les autres causes possibles de symptômes, comme les troubles organiques et d'autres troubles de santé mentale (qui peuvent aussi se présenter en comorbidité avec la dépression).
  • Utiliser le questionnaire express de dépistage (à deux questions) lorsque les clients présentent d'importants facteurs de risque.
  • Le questionnaire PHQ9 (Patient Health Questionnaire) peut être utile pour poser le diagnostic, évaluer la gravité et surveiller la réaction au traitement. L'acronyme mnémonique SICuECAPS est utile pour évaluer les symptômes.

L'utilité du dépistage? Prévalence

  • La dépression majeure touche 11 % des Canadiens à un moment ou un autre de leur vie, et environ 4 % d'entre eux au cours d'une année donnée.
  • Si les estimations du taux de prévalence au cours de la vie pour l'Amérique du Nord varient, il est probable que 20 % de la population nord-américaine est touchée par une dépression à un moment ou un autre de la vie.
  • Deux à trois fois plus de personnes présentent des symptômes dépressifs sans toutefois satisfaire aux critères de dépression majeure.

Le dépistage en milieu de soins primaires

  • Le dépistage en milieu de soins primaires est conseillé seulement si les moyens adéquats pour poser un diagnostic, administrer un traitement et assurer un suivi sont accessibles.
  • Il incombe d'effectuer un dépistage chez les personnes qui ont des antécédents de dépression, d'importantes maladies physiques, surtout si elles entraînent une invalidité, ou d'autres troubles de santé mentale comme la démence.

Protocoles de dépistage

Dépistage express

Voici deux questions à poser aux personnes qui présentent des facteurs de risque pour un épisode de dépression majeure :

  • « Au cours des quatre dernières semaines, avez-vous cessé de vous intéresser ou de prendre plaisir aux choses que vous aviez l'habitude d'apprécier? »
  • « Avez-vous éprouvé un sentiment de tristesse, de déprime, d'abattement, de cafard ou de désespoir? »

Si la personne a répondu oui à au moins une question, procéder à une évaluation plus détaillée.

Voici des exemples de facteurs de risque courants pour la dépression majeure :

  • insomnie ou fatigue chronique
  • symptômes somatiques inexpliqués
  • affection médicale chronique
  • événement cardiovasculaire récent (p. ex., infarctus du myocarde, AVC)
  • traumatisme récent (psychologique ou physique)
  • autre trouble psychiatrique
  • antécédents familiaux de troubles de l'humeur.

Questionnaires diagnostiques

  • Le PHQ-9 (Patient Health Questionnaire) est un outil polyvalent destiné au dépistage, à la surveillance et à la mesure de la gravité de la dépression.

Pour télécharger le PHQ-9.

 

  • L'acronyme SICuECAPS sert de liste de contrôle des symptômes de la dépression :

Sommeil

Intérêt (diminution, avec perte de plaisir)

Culpabilité (souvent illusoire)

Énergie (fatigue mentale et physique)

Concentration (distractibilité, troubles de la mémoire)

Appétit (changement)

Psychomoteur (ralentissement ou intensification)

Suicide (pensées, plans ou comportements suicidaires)

Aiguillage vers des services spécialisés

Aiguiller la personne vers des services spécialisés dans les circonstances suivantes :

  • problèmes concomitants de toxicomanie, de trouble de la personnalité et/ou de trouble anxieux;
  • symptômes sévères (p. ex., gravement suicidaire, psychose, périodes de manie);
  • incertitude au sujet du diagnostic;
  • réaction insuffisante au traitement standard, comme la thérapie cognitivo-comportementale ou à au moins deux essais de médicaments.

Sommaire des données probantes

Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs. (2013). « Recommendations on screening for depression in adults ». Canadian Medical Association Journal, 185, 775–782.

Kennedy, S.H., Lam, R.W., Parikh, S.V., Patten, S.B. et Ravindran, A.V. (2009). « Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments (CANMAT) Clinical Guidelines for the Management of Major Depressive Disorder in Adults ». Journal of Affective Disorders, 117(Suppl. 1). S44–53.

Lam, R.W. (2011). In D. Goldbloom et J. Davine (réd.), Psychiatry in Primary Care: A Concise Canadian Pocket Guide (pp. 13–26). Toronto (Ontario) : Centre de toxicomanie et de santé mentale.

National Institute for Health and Care Excellence. (2009). Depression in Adults: The Treatment and Management of Depression in Adults (Clinical Guideline 90). Londres (Royaume-Uni).

 


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