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Troubles des conduites alimentaires : Aperçu

Points clés

  • Le fait de manger de manière désorganisée (repas non strucuturés, brouter) est un comportement courant, mais les troubles des conduites alimentaires dont l'anorexie nerveuse, la boulimie nerveuse et l'hyperphagie boulimique se présentent rarement. Ils touchent 1 à 3 % de la population féminine.
  • Les troubles des conduites alimentaires sont associés à de graves risques pour la santé et se manifestent souvent sous le voile du secret et de la honte. Les ressources en matière de traitements spécialisés sont rares. C'est pourquoi les professionnels de premier recours sont souvent appelés à diagnostiquer et à traiter les troubles des conduites alimentaires.
  • Les personnes atteintes d'un trouble des conduites alimentaires révèlent rarement leur état. Ainsi, elles consultent en présentant des problèmes comme la constipation ou l'instabilité émotionnelle, ou en demandant des conseils pour perdre du poids.
  • Les troubles des conduites alimentaires sont associés au taux de mortalité le plus élevé de toutes les affections psychiatriques. Environ 10 % des personnes atteintes d'un trouble des conduites alimentaires meurent dans les 10 années suivant l'apparition du trouble.

Symptômes

Anorexie nerveuse

  • peur intense de prendre du poids ou de devenir obèse;
  • restriction alimentaire obstinée, ayant pour conséquence un poids corporel très faible par rapport à l'âge et au stade de développement;
  • altération de la perception de la forme du corps et incapacité persistante à reconnaître la gravité du faible poids corporel;
  • symptômes physiques comme l'aménorrhée et la maigreur.

Boulimie nerveuse

  • épisodes répétés de crises de boulimie, se caractérisant par un sentiment de manque de contrôle;
  • comportements compensatoires répétitifs et inappropriés pour prévenir la prise de poids (p. ex., vomissements provoqués, emploi abusif de laxatifs ou de diurétiques, jeûne ou exercice physique excessif);
  • estime de soi influencée de manière excessive par la forme et le poids du corps.

Hyperphagie boulimique

  • épisodes répétés de crises de boulimie, se caractérisant par un sentiment de manque de contrôle et de détresse;
  • absence de comportement compensatoire inapproprié comme dans la boulimie nerveuse.

Prévalence

  • Plus courante chez les femmes, l'anorexie nerveuse a tendance à se déclarer pendant l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Environ 5 % des jeunes femmes sont atteintes du trouble.
  • Plus courante chez les femmes, la boulimie nerveuse a tendance à se déclarer pendant l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Environ 1 à 3 % de la population recevra un diagnostic de boulimie nerveuse en cours de vie.
  • L'hyperphagie boulimique touche autant les hommes que les femmes. Environ 1 à 5 % de la population est atteinte du trouble. Il a tendance à se déclarer à un âge plus avancé que l'anorexie nerveuse ou la boulimie nerveuse.
  • Les troubles des conduites alimentaires sont associés au taux de mortalité le plus élevé de toutes les affections psychiatriques. Environ 10 % des personnes atteintes d'un trouble des conduites alimentaires meurent dans les 10 années suivant l'apparition du trouble.

 

Causes

Facteurs génétiques et physiologiques

  • Nombre d'études montrent que les troubles des conduites alimentaires sont attribuables à des facteurs génétiques. Les études laissent entendre que l'héritabilité intervient pour 58 à 88 % dans l'anorexie nerveuse, pour 28 à 83 % dans la boulimie nerveuse et pour 57 % dans l'hyperphagie boulimique.
  • Les relations au premier degré de personnes atteintes d'anorexie nerveuse ou de boulimie nerveuse ont un risque accru de développer ces troubles. Ces personnes ont aussi un risque accru de troubles bipolaire ou dépressif.
  • L'obésité infantile accroît le risque de boulimie nerveuse.
  • Il pourrait y avoir transmission familiale de la boulimie nerveuse, ainsi que des vulnérabilités génétiques.

Facteurs liés au tempérament

  • Les personnes atteintes de troubles anxieux ou présentant des traits de personnalité obsessionnels pendant l'enfance risquent davantage de développer l'anorexie nerveuse.
  • Les facteurs de risque associés aux troubles des conduites alimentaires sont, entre autres, les préoccupations entourant le poids, la mauvaise estime de soi, les symptômes dépressifs, la phobie sociale, le perfectionnisme et le niveau de stress ressenti.

Facteurs environnementaux

  • L'anorexie nerveuse est plus courante dans les cultures et les milieux qui accordent de la valeur à la minceur. Intérioriser l'idéal d'un corps mince accroît aussi le risque de boulimie nerveuse.
  • Les victimes de violence sexuelle ou physique pendant l'enfance ont un risque accru de boulimie nerveuse.

Pronostic

  • Garder en traitement les personnes atteintes de troubles des conduites alimentaires est difficile. Environ le tiers des personnes atteintes d'anorexie ou de boulimie nerveuse font des rechutes.
  • En adaptant le traitement à la personne on rend l'intervention plus efficace.
  • La détection précoce du trouble des conduites alimentaires est un indicateur prévisionnel de résultats plus favorables.

Sommaire des données probantes

Courbasson, C. et Shapira, L. (2012). Dans A. Khenti, J. Sapag, S. Mohamound et A. Ravindran (réd.), Collaborative Mental Health: An Advanced Manual for Primary Care Professionals (pp. 143–178). Toronto (Ontario) : Centre de toxicomanie et de santé mentale.

Goldbloom, D. (2011). « The patient with an eating disorder ». Dans D. Goldbloom et J. Davine (réd.), Psychiatry in Primary Care: A Concise Canadian Pocket Guide (pp. 129–144). Toronto (Ontario) : Centre de toxicomanie et de santé mentale.

Sullivan, P. (2002). « Eating Disorders and Obesity ». New York : Guilford.

 


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