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Dépistage des problèmes liés à la consommation d'alcool

Définition de l'usage problématique ou à risque

Selon les Directives de consommation d'alcool à faible risque du Canada, publiées en 2013 par le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies (CCLT), un usage problématique ou à risque d'alcool correspond à plus de 15 verres par semaine pour les hommes et plus de 10 verres par semaine pour les femmes.

Qu'est-ce qu'un verre standard ?

Pour les Directives de consommation d'alcool à faible risque, un verre standard équivaut à :

  • 43 mL (1,5 oz) de spiritueux (40 % d'alcool) ;
  • 142 mL (5 oz) de vin (12 % d'alcool) ;
  • 341 mL (12 oz) de bière (5 % d'alcool) ;
  • 85 mL (3 oz) de vin fortifié (18 % d'alcool).

Dépistage des problèmes lés à la consommation d'alcool

Pour bien déceler les problèmes de boisson, les prestataires de soins primaires peuvent employer diverses stratégies :

  • Incorporer des questions sur la consommation d'alcool aux questions sur l'hygiène de vie qu'ils posent systématiquement à tous leurs patients.
  • Employer le test de dépistage à question unique, le questionnaire AUDIT‑C (en anglais seulement), le questionnaire AUDIT-10 (guide et questionnaire)  ou tout autre instrument de dépistage validé pour tous les patients qui consomment de l'alcool.
  • Envisager les relations de causalité avec l'alcool pour un grand nombre de problèmes couramment rencontrés dans le cadre des soins primaires.
  • Faire administrer des tests de laboratoire s'ils soupçonnent un usage problématique de l'alcool.

Outils de dépistage

Le test de dépistage à question unique

L'Institut national sur l'abus d'alcool et l'alcoolisme des États-Unis (National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism, 2005) recommande le test de dépistage à question unique, qu'il considère comme un excellent outil de dépistage de la consommation excessive d'alcool, car il est facile à retenir et à incorporer à la pratique médicale.

Question unique :

  • Hommes : « Combien de fois, au cours des douze derniers mois, avez-vous consommé cinq verres ou plus en une même journée ? »
  • Femmes : « Combien de fois, au cours des douze derniers mois, avez-vous consommé quatre verres ou plus en une même journée ? »

Une réponse positive (une fois ou plus) indique le besoin d'une évaluation plus poussée.

Pour le test de dépistage à question unique, les chercheurs recommandent différents seuils :

  • Avec un seuil d'une fois pour la détermination de la consommation à risque, le test a à la fois une sensibilité et une spécificité d'environ 80 % (Dawson et coll., 2010).
  • Avec un seuil plus élevé, soit plus d'une fois, ce test de dépistage a une sensibilité de 88 % et une spécificité de 67 % pour la présence d'un trouble de l'usage de l'alcool (Smith et coll., 2009).

Si vous rencontrez fréquemment des problèmes de boisson chez vos patients, le test de dépistage à question unique pourrait engendrer un certain nombre de faux positifs. En effet, il y a peu de chances, par exemple, qu'une personne qui n'a eu que deux épisodes de consommation excessive d'alcool au cours des douze derniers mois ait un véritable problème de boisson. Comme il en va des autres tests de dépistage, il faut soumettre à une évaluation complète les patients qui ont obtenu un résultat positif avant de poser un diagnostic de consommation à risque ou de trouble de l'usage de l'alcool.

AUDIT-C

Le questionnaire AUDIT-C, qui comporte trois questions, est facile à administrer et il a une sensibilité et une spécificité comparables à celles du test de dépistage à question unique. Cependant, il est difficile à mémoriser en raison de la complexité de son système de points.

AUDIT-10

Le questionnaire AUDIT-10 est plus long que l'AUDIT-C, mais sa sensibilité et sa spécificité sont excellentes. Un seuil de 8 indique une consommation d'alcool nuisible. Notons que des recherches récentes indiquent que le seuil devrait être plus bas pour les femmes (Johnson et coll., 2007 ; Levola et Aalto, 2015 ; Neumann et coll., 2004).

Remarque à propos du questionnaire CAGE

Le questionnaire CAGE, qui comporte quatre questions, est facile à mémoriser et il permet de repérer la plupart des cas de trouble de l'usage de l'alcool, mais il laisse passer de nombreux cas de consommation à risque (Bradley et coll., 1998).

Épreuves de laboratoire initiales

Les analyses de sang peuvent permettre de déceler une consommation excessive d'alcool et une atteinte hépatique. Néanmoins, ces analyses ayant une faible sensibilité, on ne doit les employer que pour confirmer les soupçons de problèmes de boisson et non comme seul test de dépistage.

On peut aussi recourir aux analyses de sang pour suivre l'évolution de la consommation d'alcool. En communiquant aux patients les résultats de leurs analyses, on leur donne des preuves tangibles de leurs progrès.

Le dosage des gamma-glutamyl transpeptidases       

Un taux élevé de gamma-glutamyl transpeptidases (gamma-GT) pourrait indiquer une consommation élevée d'alcool. Le dosage des gamma-GT a une sensibilité de 30 à 50 % pour la détection de la consommation de quatre verres ou plus par jour par jour (Rosman, 1992 ; Sharpe, 2001).

Les gamma-GT sont toutefois également élevées chez les personnes atteintes d'affections hépatiques non alcooliques, de diabète ou d'obésité et chez celles qui prennent certains médicaments (p. ex., de la phénytoïne). Les gamma-GT ayant une demi-vie de deux à quatre semaines, si leur taux est élevé en raison de la consommation d'alcool, il diminuera de moitié au bout de deux à quatre semaines de sevrage.

L'hémogramme

Le volume globulaire moyen (VGM), ou taille des globules rouges, s'accroît avec la consommation excessive d'alcool. La mesure du VGM est un test moins sensible que celui du dosage des gamma-GT. Il faut aussi tenir compte du fait que le VGM est également élevé chez les personnes ayant une carence en folates ou en vitamine B12, les personnes atteintes de stéatose hépatique non alcoolique ou d'hypothyroïdie et celles qui prennent certains médicaments (p. ex., de la phénytoïne).

Si l'élévation du VGM est due à la consommation d'alcool, le VGM devrait diminuer de moitié après trois mois de sevrage.

Recueil des antécédents de consommation d'alcool

  • Interrogez les patients sur leur consommation hebdomadaire habituelle et sur leur consommation journalière maximale :

« Combien de jours par semaine buvez-vous de l'alcool, en moyenne ? »

« Durant une journée ordinaire où vous buvez, combien de verres prenez-vous ? »

« Quel est le nombre le plus élevé de verres que vous ayez pris durant une journée quelconque au cours des trois derniers mois ? »

  • Convertissez les réponses en verres standard.
  • Si les patients fournissent des réponses vagues ou si vous croyez qu'ils minimisent leur consommation, essayez les stratégies suivantes :
    • Interrogez-les sur leur consommation d'alcool au cours des sept derniers jours ou de la veille.
    • Interrogez-les sur le nombre de bouteilles qu'ils achètent par semaine et leur taille.
    • Présentez-leur un large éventail d'habitudes de consommation.
  • Indiquez aux patients que vous ne serez pas choqué par une consommation excessive :

« Comment décririez-vous votre consommation de bière ? En buvez-vous une ou deux chaque soir, ou de dix à douze ? »

  • Donnez-leur une excuse de nature médicale ou sociale pour leur consommation d'alcool :

« Beaucoup de gens prennent un verre ou deux pour pouvoir s'endormir. Vous arrive-t-il de prendre un verre avant de vous coucher ? »

« Vous arrive-t-il de prendre un verre de vin pour accompagner votre souper ? Buvez-vous à Noël ou durant le réveillon du Jour de l'An ? »

  • Notez la consommation présente d'alcool dans le dossier de chaque patient, en incluant :
    • le nombre de verres pris par semaine ;
    • le nombre maximum de verres pris lors d'une journée quelconque au cours des trois derniers mois.

Sachez que les patients ont tendance à ne pas compter les épisodes de consommation excessive dans leur estimation de leur consommation hebdomadaire moyenne.

Pathologies pouvant indiquer un problème de consommation d'alcool

Les patients qui présentent les symptômes suivants devraient être soumis à un dépistage de la consommation d'alcool :

  • symptômes de troubles musculo-squelettiques : traumatismes ;
  • symptômes gastro-intestinaux : gastrite, œsophagite, accumulation de graisse dans les cellules du foie, élévation des transaminases ;
  • symptômes cardiovasculaires : hypertension ;
  • symptômes psychiatriques : dépression, anxiété, insomnie, dysfonctionnement social et familial. 

Managing alcohol problems: Online course:

  • consists of five self-directed modules that cover identification, assessment and treatment
  • includes case scenarios, interactive review questions, end of module quizzes
  • accredited event: College of Family Physicians of Canada and Royal College of Physicians & Surgeons of Canada

Developed for health care providers by the Centre for Addiction and Mental Health.

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