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Traitement des problèmes de boisson chez les personnes âgées

Quand recommander un traitement à des personnes âgées

Employez le guide DIBA (dépistage, intervention brève et aiguillage pour l'alcool) pour tous vos patients âgés qui connaissent des problèmes liés à la consommation d'alcool. Ce guide, publié en 2012 par le Collège des médecins de famille du Canada et le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies, s'applique aussi bien aux patients qui consomment des quantités d'alcool relativement faibles qu'à ceux qui présentent un grave trouble de l'usage de l'alcool.

Interventions brèves pour les personnes âgées aux prises avec des problèmes de boisson

Les interventions brèves sont des séances individuelles de counseling qui peuvent faire appel aux stratégies suivantes :

Il faut généralement compter de une à quatre séances. Il peut simplement s'agir, pour le conseiller, d'exprimer son inquiétude au sujet de la quantité d'alcool consommé par le patient et de lui suggérer de s'abstenir ou de réduire sa consommation.

En 1998, le Center for Substance Abuse Treatment des États-Unis a établi une liste d'étapes pour les interventions brèves auprès des personnes âgées :

1. Rétroaction personnalisée à partir des réponses du patient aux questions relatives à son hygiène de vie (p. ex., consommation d'alcool, tabagisme et régime alimentaire.

2. Examen des habitudes de consommation d'alcool, et comparaison de ces habitudes aux normes démographiques pour son groupe d'âge (Au Canada, on peut utiliser le document « J'évalue ma consommation d'alcool »).

3. Connaissance des raisons poussant la personne à boire. Le praticien a besoin de connaître les raisons qui poussent le patient à boire, car il doit savoir le rôle que joue l'alcool dans sa vie. Chez les patients âgés, il peut s'agir de faire face à la douleur, à la perte d'un être cher ou à la solitude.

4. Conséquences d'une consommation d'alcool trop importante. Rappelons que chez les patients âgés, même une consommation inférieure au seuil de risque peut entraîner des problèmes d'ordre physique et psychique et affecter le comportement social.

5. Raisons pour limiter la consommation d'alcool ou cesser d'en consommer. Dans ce groupe d'âge, le désir de conserver son indépendance, de préserver sa santé, sa sécurité financière et ses capacités mentales constitue une importante source de motivation.

6. Établissement de limites de consommation raisonnables et stratégies pour réduire sa consommation ou arrêter de boire. Dans ce groupe d'âge, l'adoption d'activités sociales qui ne font pas intervenir la consommation d'alcool, la redécouverte d'activités de loisir et de sources d'intérêt cultivées plus tôt dans la vie et le bénévolat sont des stratégies efficaces.

7. Entente sur la consommation d'alcool sous forme d'ordonnance. Ce type d'entente, signée par le patient et le praticien, sur des limites de consommation approuvées par les deux parties, est particulièrement efficace pour le changement des habitudes de boisson.

8. Mesures pour faire face aux situations à risque. Dans ce groupe d'âge, l'isolement social, l'ennui et les relations tendues avec la famille ne sont pas rares.

9. Récapitulation de la séance.

Le site Web de DIBA

Le guide Dépistage de l'abus d'alcool, intervention rapide et orientation : Aider les patients à réduire les risques et les méfaits liés à l'alcool est une ressource destinée aux médecins de famille, infirmières praticiennes et autres professionnels de la santé du Canada. Le site, réalisé par le Collège des médecins de famille du Canada et le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies offre, aux professionnels de la santé, des conseils fondés sur des données probantes et des ressources pour qu'ils puissent aider leurs patients à mieux gérer leur consommation d'alcool.

Prise en charge des personnes âgées ayant des problèmes de boisson

Quand vous traitez une personne âgée ayant des problèmes de boisson, vous pourriez envisager les interventions suivantes :

  • Informer la personne des Directives de consommation à faible risque. (Ces directives ne s'appliquent pas aux patients porteurs d'un diagnostic de trouble de l'usage de l'alcool ; elles sont uniquement destinées aux personnes qui un problème de boisson.)
  • Organiser une prise en charge médicale si le patient répond aux critères de dépendance à l'alcool. (Le sevrage en établissement est recommandé pour les personnes de santé fragile et les personnes âgées.)
  • Recommander un traitement pharmacologique.
  • Prescrire un supplément de thiamine.
  • Faire intervenir un ergothérapeute afin de déterminer si des adaptations du logement sont nécessaires pour aider le patient à demeurer chez lui sans risque ou si le patient a besoin d'être placé en établissement.
  • Établir un rapport pour le ministère des Transports si vous jugez que l'état du patient constitue un danger pour la conduite automobile.

Sachez également que :

  • Le patient a peut-être entendu dire qu'une consommation modérée d'alcool réduit le risque de maladies cardiovasculaires et de démence, ce qui pourrait le rendre réticent à accepter les recommandations de traitement pour le trouble de l'usage de l'alcool.
  • Avec les personnes âgées, la question de la capacité de consentir au traitement ou de le refuser peut se poser. Vous auriez peut-être intérêt à prendre l'avis d'un psychiatre ou d'un gériatre expert en la matière si vous avez affaire à un patient qui refuse de se faire soigner tout en étant incapable de prendre soin de lui-même sans danger, par exemple.

Prise en charge des patients âgés qui refusent de se faire traiter pour un problème de boisson

Tous les patients âgés présentant un trouble de l'usage de l'alcool ne sont pas prêts à accepter un traitement.

Avec la stratégie de réduction des méfaits, les prestataires de soins primaires peuvent inciter les gens à modérer leur consommation ou à adopter une meilleure hygiène de vie sans avoir à leur demander de s'abstenir de boire.

Pour la réduction des méfaits de la boisson chez un patient âgé, employez les stratégies suivantes :

  • Informez le patient du lien existant entre des affections particulières et la consommation d'alcool, ainsi que des risques de chutes et de blessures.
  • Aiguillez le patient vers le traitement médical approprié.
  • Incitez le patient à manger quelque chose à chaque fois qu'il boit.
  • Identifiez les besoins du patient en matière de santé mentale (p. ex., dépression ou anxiété non traitée) et répondez-y.
  • Identifiez les besoins du patient en matière de prise en charge de la douleur et répondez-y.
  • Explorez les moyens non pharmacologiques de traiter la douleur (p. ex., coussins chauffants, thérapies de relaxation, massage, natation, taï-chi-chuan).

Une stratégie de réduction des méfaits peut aider à stabiliser les patients âgés qui ont un trouble de l'usage de l'alcool et les mettre en mesure de se prendre en main de façon définitive.