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Entretien psychiatrique de courte durée : Conseils pour l’entrevue

Établissez le lien corps-esprit

Si un patient se présente avec des plaintes somatiques qui ne semblent pas d'origine réellement organique, mais plutôt la conséquence d'un stress, vous avez quelques possibilités d'action pour l'aider à faire la connexion entre son corps et son esprit :

  • Assurez au patient que ses plaintes sont « réelles » et non « totalement dans la tête ».
  • Assurez au patient que vous ferez le nécessaire pour une investigation physique à la recherche d'étiologies expliquant ses plaintes, mais mentionnez que des facteurs d'ordre émotionnels peuvent également expliquer ses symptômes.

Vous pouvez utiliser, comme exemple, les maux de tête dus à la tension ou l'existence de papillons dans l'estomac pour illustrer une douleur « réelle » causée par une émotion plutôt que par des problèmes organiques. Cela contribue à développer une relation fondée sur la collaboration avec le patient, tout en établissant graduellement un paradigme corps-esprit.

Interrogez-le sur un éventuel abus sexuel

Posez à vos patients des questions sur leur vie sexuelle, et sur tout antécédent d'abus ou d'agression sexuelle. Le nombre de personnes qui ont été abusées sexuellement est terriblement élevé. Les patients peuvent ne pas en parler eux-mêmes spontanément, mais si vous leur donnez la possibilité d'en parler, ils peuvent souvent révéler un abus. En posant des questions, vous délivrez aux patients un « méta-message » leur disant que vous êtes conscient de ces problèmes, que vous êtes ouvert à en discuter, et que vous ne craignez pas d'affronter les questions qui pourraient surgir en cours de discussion.

Suivez l'initiative du patient

Les fournisseurs de soins primaires peuvent éviter certains sujets, même si les patients y font allusion, car ils craignent d'ouvrir une « boîte de Pandore ». Cependant, il est utile d'exploiter lors de la discussion les « ouvertures » offertes par les patients alors qu'ils mettent eux-mêmes le sujet en lumière. 

Si une question importante est soulevée dans la discussion en fin d'entretien, vous pouvez la souligner et programmer un autre entretien peu de temps après. Cette technique du « report » est une bonne manière de profiter de l'initiative du patient pour recueillir des données psychiatriques. Si une information cruciale, comme des idées suicidaires, émerge dans la conversation, vous ne pouvez évidemment pas remettre la discussion et devez alors prolonger l'entretien.

Pratiquez l'écoute active

L'« écoute active » est une bonne manière de recueillir des informations. Observez le langage corporel du patient et la façon dont il s'exprime, et présentez-lui les choses clairement. Par exemple, vous pouvez dire « Je remarque que vous baissez la voix quand vous parlez de votre mariage ». Cela peut le conduire à exprimer des choses importantes sur son mariage.

Résumer les choses pour le patient est une autre stratégie utile. Cela montre que vous avez écouté et donne au patient l'opportunité de corriger toute affirmation fausse. Répétez simplement le dernier mot dit par le patient peut par ailleurs l'encourager à en dire plus.

Par exemple :

Patient : « J'ai eu récemment des problèmes avec ma belle-mère ».  

Médecin : « Votre belle-mère? »

Peu importe que vous soyez très occupé, donnez au patient le temps de s'exprimer. Une étude a mis en évidence que les médecins interrompent leurs patients lors de 69 pour cent des entrevues, et dans les 18 premières secondes de la consultation en moyenne. Ces interruptions mènent à une mauvaise compréhension des problèmes du patient, et à un recueil de données incomplet. Permettre au patient de s'exprimer une minute ou deux permet de recueillir des renseignements utiles.

 

Hiérarchisez les sujets et différez-en certains

Quand les patients parlent librement au début d'une entrevue, ils peuvent évoquer plusieurs problèmes, ce qui peut être déconcertant. Une stratégie utile pour gérer cette situation est appelée « Hiérarchiser et différer ». Le médecin et le patient donnent la priorité à un, deux ou trois symptômes à aborder ce jour-là. Les autres sont « différés », c'est-à-dire reportés à un autre jour.

Le patient identifie les priorités, mais si le médecin sent qu'une autre question est urgente à aborder, cela est également pris en compte. Cette « imbrication de priorités » aide les patients à sentir qu'ils ont été écoutés et que leurs plaintes sont prises en compte.

Avoir un emploi du temps flexible qui se plie aux besoins de certains patients peut également être utile. Si vous savez, par exemple, que des patients viennent parler de problèmes d'ordre émotionnel, vous pouvez prévoir un peu plus de temps avec eux. 


Série de vidéos sur l'entretien psychiatrique  

David Goldbloom et Nancy McNaughton font une démonstration d'entretien en situations cliniques (en anglais seulement) :

 

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Frequently asked questions