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Anxiété : Dépistage, évaluation et diagnostic

Quand l'anxiété est le symptôme qui amène le patient à consulter, recherchez s'il existe un trouble anxieux spécifique, ce diagnostic nécessitant que les symptômes entraînent une détresse importante ou une gêne fonctionnelle.

Remarque : le chapitre sur l'anxiété du DSM-5 ne comprend plus le trouble obsessionnel-compulsif (déplacé dans un nouveau chapitre : Troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés) ni le trouble stress post-traumatique (déplacé dans un nouveau chapitre: Troubles liés à un traumatisme ou à des facteurs de stress). Le document « Principaux changements entre le DSM-IV-TR et le DSM-5 » fait remarquer que l'ordre séquentiel du chapitre Anxiété et des deux nouveaux chapitres « reflète les relations étroites qui les lient ».

Le tableau 4.1 « Résumé des critères diagnostiques des troubles anxieux » décrit les critères principaux relatifs aux différents troubles anxieux, le trouble obsessionnel-compulsif et le trouble de stress post-traumatique. 

Dépistage des troubles anxieux

Trouble panique

Demandez au patient s'il ressent :

  • des épisodes soudains et inattendus comportant un déchaînement de symptômes ou de sentiments désagréables comme une accélération du rythme cardiaque ou une sensation de vertige, ainsi que des sensations de panique ou de crainte;
  • un besoin d'éviter ou une hésitation à aborder les situations dont il s'attend à ce qu'elles déclenchent les symptômes, (par ex., être dans une foule ou un espace clos, conduire, quitter la maison seul).

Les personnes présentant un trouble panique évitent souvent les endroits où elles ont fait une attaque de panique ou craignent qu'une attaque puisse survenir. C'est ce que l'on appelle l'agoraphobie.

Agoraphobie (sans panique)

Demandez au patient s'il :

  • évite certaines situations ou certains endroits, par exemple être dans une foule, dans une queue, sur un pont, sortir de la maison seul, voyager en bus, en train ou par l'autoroute, ou encore avoir besoin d'un compagnon comme personne de confiance.

Remarquez que le total confinement au domicile est rare, mais que c'est un facteur pronostique très négatif.

Anxiété sociale (phobie sociale)

Ce trouble anxieux courant est caractérisé par la peur d'être gêné ou celle d'être jugé de manière négative par les autres. Le trouble débute généralement tôt au cours de la vie, couramment dans l'enfance ou à l'adolescence. Les personnes présentant une anxiété sociale (phobie sociale) sont souvent gênées par leur état et ne donnent pas volontiers des renseignements sur leur anxiété.

Posez au patient la question suivante :

  • Êtes-vous en général excessivement anxieux ou inquiet d'être gêné ou de vous sentir humilié quand vous faites des choses en présence d'autres personnes ou que vous interagissez avec d'autres personnes?

La sévérité de l'anxiété sociale (phobie sociale) peut être évaluée en posant les trois questions du Mini-SPIN (Connor et coll., 2001). 

Phobie spécifique

Les phobies spécifiques sont les troubles anxieux les plus répandus. Elles ne sont généralement pas diagnostiquées, car les personnes apprennent à gérer leur anxiété par l'évitement. Ces phobies spécifiques peuvent être très invalidantes si elles concernent des situations inévitables comme devoir aller au bureau d'un médecin pour des examens de sang ou devoir monter en ascenseur au 25e étage pour aller travailler.

Posez au patient ces deux questions :

  • Est-ce que l'un de ces objets ou l'une de ces situations vous rend anxieux ou craintif?

    • animaux, serpents, insectes
    • hauteurs, orages, proximité d'un plan d'eau
    • vue du sang, subir une piqûre
    • être dans un espace clos, dans un avion, dans un ascenseur
  • Cette crainte a-t-elle des conséquences sur votre vie?

Anxiété généralisée

L'anxiété généralisée est très courante et survient tout au long de la vie. Ses principaux symptômes sont une inquiétude excessive et incontrôlable, accompagnée de tension musculaire, fatigue, insomnie, altération de la concentration et irritabilité. Elle est souvent concomitante d'une dépression majeure.

Posez au patient la question suivante :

  • Durant les quatre dernières semaines, avez-vous été dérangé la majorité du temps par un sentiment d'inquiétude, de tension ou d'anxiété? (Parmi les personnes qui présentent une anxiété généralisée, 90 pour cent répondent « Oui » à cette question.)

Si la réponse est positive, explorez les symptômes de manière plus approfondie. Le moyen mnémotechnique WHAT IF est utile :

Inquiétude (Worry)

Hard-to-control headache

Anxiété (Anxiety)

Tension (Tension)

Insomnie/irritabilité/intestin irritable (Insomnia/irritability/irritable bowel)

Fatigue (Fatigue)

Trouble obsessionnel-compulsif (TOC)

Le TOC peut débuter aussi tôt qu'à l'âge de quatre ou cinq ans, mais il est souvent dissimulé. La personne atteinte identifie ses pensées et ses impulsions comme non réalistes, mais elle a honte de leur contenu et de son incapacité à les maîtriser. Elle est habitée par une compulsion intense envers ces pensées et rituels, ce qui lui fait éprouver une détresse profonde si elle y résiste. Cela contraste avec ses comportements « addictifs » qui entraînent du plaisir et une gratification.

Les symptômes de TOC incluent le lavage, la vérification, le comptage, le stockage, le besoin d'être rassuré, et les préoccupations religieuses.

Posez au patient les questions suivantes :

  • Éprouvez-vous de manière répétée et involontaire des pensées que vous ne pouvez pas facilement maîtriser? 
  • Ressentez-vous le besoin impérieux de faire des actes répétitifs, comme laver, compter ou vérifier?

Trouble de stress post-traumatique (TSPT)

Le TSPT est déclenché par un traumatisme grave au cours duquel un patient reçoit des menaces concernant son intégrité physique ou mentale, ou voit l'intégrité physique ou mentale de quelqu'un menacée, ou encore entend simplement des menaces de ce type. Des sentiments d'horreur et d'impuissance existent fréquemment au moment du traumatisme, mais le début des symptômes, déclenché par un autre évènement traumatique, peut survenir des mois, voire des années, plus tard. Le souvenir du traumatisme reste très vif et s'accompagne d'une émotion intense.

Posez au patient la question suivante :

  • Êtes-vous perturbé par des souvenirs, des pensées ou des images concernant un évènement très bouleversant qui vous est arrivé, ou à l'un de vos proches, par le passé? (Donnez des exemples, comme avoir eu un accident, avoir été agressé sexuellement ou voir quelqu'un être sérieusement blessé.)

Pathologie organique sous-jacente

Les explorations spécifiques à la recherche d'une pathologie organique dépendent du tableau clinique du patient, de son âge, de son sexe, de ses antécédents de santé, et d'autres facteurs individuels et familiaux. Les lignes directrices canadiennes pour le traitement des troubles anxieux (Canadian Anxiety Disorders Treatment Guidelines) (2014)  recommandent de réaliser, chez les patients présentant des troubles anxieux, les examens de laboratoire préliminaires suivants :

  • numération globulaire complète
  • analyse des urines
  • glycémie à jeun
  • bilan lipidique à jeun (cholestérol total, lipoprotéines de très basse densité, lipoprotéines de basse densité, lipoprotéines de haute densité, triglycérides)
  • clairance de la créatinine sur 24 h (si antécédents de maladie rénale)
  • électrolytes
  • hormone thyréotrope
  • enzymes hépatiques
  • électrocardiogramme (si patient de plus de 40 ans, ou si indication)
  • bilirubine sérique
  • test de grossesse (si pertinent)
  • créatinine sérique
  • prolactine
  • dépistage de drogues dans les urines à la recherche de consommation de substances. 

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