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Démence : Évaluation

Démence et affections chroniques comorbides

Les personnes d'un âge avancé sont plus vulnérables vis-à-vis de la démence et la prévalence de cette affection augmente de manière importante chez les plus de 65 ans. Plus âgée est la population, plus élevée est la prévalence de la démence et des troubles comorbides.

Ces patients âgés présentent souvent de multiples maladies chroniques. Parmi les gens de 65 ans en soins primaires, 80 pour cent sont atteints d'au moins une maladie chronique et plus de 45 pour cent en présentent deux ou plus. Un grand nombre de patients de cet âge présentent également des modifications et des déficiences fonctionnelles associées à leurs multiples troubles chroniques.

Les patients de soins primaires possiblement atteints d'une démence doivent faire l'objet d'une approche systématique et réalisable qui :

  • définit les risques (par ex. risque d'itinérance, risque lors de la conduite; voir « RISQUES et causes » ci-dessous)
  • offre un moyen d'en appréhender les multiples causes et de les identifier
  • permet d'établir un plan de traitement qui répond à la démence et à la complexité des comorbidités
  • permet au fournisseur de soins primaires de travailler efficacement avec la personne, sa famille, et l'équipe de soins de santé.

Une approche systématique réalisable a été élaborée dans le cadre du programme P.I.E.C.E.S.  Le cadre clinique principal de ce programme s'articule autour de trois questions essentielles (grille 3-Q), qui constituent une excellente grille d'évaluation des personnes présentant une démence associée à des affections comorbides.  

Une grille à trois questions

Cette grille tridimensionnelle est basée sur les trois questions suivantes :

  • Qu'est-ce qui a changé ? Pensez P.I.E.C.E.S. (physique, intellect, émotions, capacités, environnement, société).
  • Quels risques et quelles causes? (pensez P.I.E.C.E.S.)
  • Quelle action? (intervention, interaction et information)

1. Qu'est-ce qui a changé?

Demander « Qu'est-ce qui a changé? » éclaire le fournisseur de soins primaires quant au diagnostic.
Déterminer ce que la personne a pu, au cours de sa vie, faire qui nécessitait des capacités cognitives, et rechercher les modifications de ces capacités peut alerter sur la possibilité d'une démence.

Cette approche est beaucoup plus fine que celle qui consiste simplement à interroger la personne sur une capacité donnée qu'elle possède encore ou qu'elle ne possède plus. Ce sont en effet les « modifications » qui constituent les signes d'alerte d'une altération cognitive éventuelle. Cette approche est également plus efficace que la simple précision du motif de consultation, car celui-ci peut concerner simplement quelque chose qui existe depuis quelque temps. 

Identifier les modifications est aussi utile au diagnostic différentiel. Quand une modification survient en aigu, le médecin doit penser à l'état confusionnel (delirium). Une modification intermédiaire faisant suite à des troubles de l'humeur peut orienter sur une dépression. Une modification à début vague et progressif évoque une démence de type Alzheimer.

2. Quels « RISQUES » et quelles causes?

Chez les patients présentant une démence, il est essentiel de cerner les risques immédiats et les possibles risques futurs. L'acronyme RISKS peut aider le fournisseur de soins primaires à explorer l'ensemble des risques courants chez les personnes présentant une altération cognitive, soit :

  • l'itinérance (Roaming) : évaluer la mesure dans laquelle l'errance peut mettre la personne en danger
  • le danger physique imminent (Imminent physical danger) : particulièrement lié aux chutes et au feu
  • le suicide (Suicide)
  • les risques liés à la parenté (Kinship risks) : ils comprennent les risques vis-à-vis des autres aussi bien que les abus concernant les aînés.
  • le mésusage de substances (Substance misuse) et la conduite non sécuritaire.

Aborder le patient par la perspective P.I.E.C.E.S. permet au fournisseur de soins primaires d'envisager l'ensemble des facteurs qui peuvent contribuer à l'altération cognitive. 

L'approche P.I.E.C.E.S. envisage en effet les facteurs suivants :

Physique : maladies, drogues, inconfort

Intellect : démence, altération cognitive légère

Émotions : dépression, psychose

Capacités : activités de la vie quotidienne

Environnement : sous/sur-stimulation, déménagement, changement de la routine

Société : soins

3. Quelle action?

En ce qui concerne l'action, les fournisseurs de soins primaires doivent penser aux « trois I » :

  • Quelles Investigations dois-je faire?
  • À quelles Interventions dois-je penser, immédiatement et à long terme? En ciblant particulièrement les interventions médicales.
  • Quelles Interactions dois-je envisager? C'est-à-dire quel type de soutien psychosocial délivré par un soignant et quelle discussion à avoir avec le patient, sa famille et mes collègues ? Quels renseignements conditionneront l'efficacité de la réponse au traitement et signaleront les facteurs essentiels à examiner et à surveiller ?

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Frequently asked questions