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Troubles de la personnalité : Troubles psychiatriques concomitants

Troubles psychiatriques concomitants courants

Les patients présentant des troubles de la personnalité ont souvent des atteintes psychiatriques concomitantes. De nombreux travaux de recherche montrent que les troubles concomitants sont extrêmement fréquents avec les personnalités borderline (PB). Zanarini et coll. (1998) ont mis en évidence, chez ce type de patients et sur leur durée de vie, les comorbidités psychiatriques suivantes :

  • troubles de l'humeur : 96 pour cent (troubles bipolaires dans 9 pour cent des cas)
  • troubles anxieux : 88 pour cent
  • troubles stress post-traumatiques : 55 pour cent
  • troubles des conduites alimentaires : 53 pour cent
  • troubles de l'abus de substances : 64 pour cent.

Étant donné cette comorbidité élevée, le défi que posent ces patients est non seulement d'identifier et de prendre en charge au mieux le trouble de la personnalité, mais aussi de ne pas passer à côté d'un diagnostic psychiatrique comorbide. Les fournisseurs de soins primaires peuvent d'ailleurs trouver plus facile de gérer ce dernier que prendre en charge le trouble de personnalité. Les patients présentant deux pathologies concomitantes ont besoin d'un schéma de traitement qui réponde aux deux affections.

Défis posés par les diagnostics concomitants

Les médecins négligent souvent les troubles psychiatriques qui surviennent de manière concomitante avec un trouble de la personnalité. La présentation classiquement confuse des patients ayant un trouble de la personnalité et les réactions des médecins devant ces tableaux cliniques rendent difficile l'évaluation d'autres troubles psychiatriques.

Négliger ces diagnostics diminue cependant les possibilités d'utilisation adéquate de la pharmacothérapie et de la psychothérapie pour soulager le trouble psychiatrique concomitant. 

Réactions du médecin

Il arrive que les patients ayant un trouble de la personnalité suscitent chez le médecin une frustration qui participe à une certaine négligence de sa part quant à un examen soigneux des antécédents longitudinaux et une clarification du diagnostic psychiatrique comorbide. Là encore, cette attitude réduit les options thérapeutiques. Une frustration peut s'installer, par exemple, quand un patient est très difficile et perturbateur dans la salle d'attente, qu'il menace de s'automutiler, ou qu'il a des antécédents d'émotivité réactionnelle, répondant alors aux « affronts» par des comportements impulsifs d'automutilation.

Perspectives thérapeutiques

Les travaux de recherche montrent que les patients ayant une personnalité borderline (PB) peuvent s'améliorer sous traitement. Zanarini et coll. (2004) ont mis en évidence que, sur un suivi de six ans, plus de la moitié des patients ne répondent plus aux critères diagnostiques de la PB. Ces patients ne rentrant plus dans le cadre diagnostique de la PB présentent également une réduction importante des traits du trouble comorbide, tandis que ceux qui rentrent encore dans ce cadre diagnostique ne présentent pas une telle réduction. 

Il y a controverse quant à savoir si ces résultats signifient que traiter le trouble de la personnalité réduit le taux de troubles psychiatriques concomitants, ou si c'est le contraire. Pour les fournisseurs de soins primaires, l'élément pratique essentiel à retenir est la nécessité d'examiner tous les patients présentant un trouble de la personnalité pour rechercher un trouble psychiatrique comorbide. Ces diagnostics doivent faire l'objet d'un traitement énergique. Cette étude, et toutes celles donnant lieu à des résultats positifs similaires, est très encourageante. Avec un diagnostic adéquat, un traitement, et du temps, la plupart des patients surmonteront leur personnalité borderline.


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