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Problèmes liés à l’usage de substances : Dépistage

Les patients se présentent rarement comme recherchant de l'aide pour un trouble de l'usage d'une substance. Ils se présentent plus probablement dans un état médical ou psychologique, ou encore dans une situation sociale, causés par leur usage d'une substance. Cela veut dire que l'usage d'une substance doit faire partie des diagnostics différentiels de divers troubles médicaux et psychiatriques.

L'usage d'une substance n'est pas la même chose que la dépendance. Ce n'est pas non plus un trouble lié à une substance. Il est nécessaire de faire la différence entre ces états, car ils diffèrent sur le plan de la prise en charge et du pronostic.

Questions clés pour le dépistage des problèmes d'usage d'une substance

Le patient souffre-t-il d'une intoxication (légère ou grave) ou est-il en sevrage?

L'intoxication correspond à l'effet immédiat d'une substance. Elle est spécifique à une substance donnée ou à une catégorie de substances.

Le sevrage est un syndrome distinct caractéristique de l'interruption de l'usage d'une substance.

En règle générale, l'intoxication à l'aide de stimulants (p. ex., cocaïne, méthamphétamine) accroît l'éveil, tandis que le sevrage cause une somnolence. L'inverse se produit avec les dépresseurs (p. ex., opioïdes, benzodiazépines).

Existe-t-il un usage de substance?

Quand un patient présente un trouble psychiatrique, il faut rechercher un usage de substance. Les caractéristiques et affections physiques suivantes constituent par ailleurs des signes d'alerte quant à un possible usage de substance par le patient :

Signes et symptômes généraux :

  • fatigue
  • perte de poids
  • hypertension artérielle
  • traumatismes fréquents
  • odeur d'alcool dans l'haleine

Problèmes GI :

  • hépatite
  • gastrite
  • pancréatite

Problèmes rénaux :

  • fréquence de la miction
  • hématurie
  • rétrécissement de la vessie

Problèmes neurologiques :

  • crises d'épilepsie
  • tremblements

Problèmes respiratoires :

  • toux chronique

Infections:

  • VIH
  • hépatite C
  • hépatite B
  • infections transmissibles sexuellement (ITS)
  • endocardite infectieuse
  • signes d'utilisation de drogues injectables (p. ex., « marques d'injections »)

Problèmes obstétricaux :

  • retard de croissance intra-utérine
  • fausses couches récurrentes

Problèmes sociaux et familiaux :

  • divorce
  • intervention de l'agence de protection de l'enfance
  • violence conjugale

Problèmes qui se répercutent sur les activités, juridiques et économiques :

  • perte d'emploi
  • conduite avec facultés affaiblies
  • arrestation
  • perte soudaine d'argent
  • performances scolaires médiocres

Dépistage des problèmes liés à l'usage de substances chez tous les patients

Demandez à tous les patients âgés de plus de neuf ans leur consommation d'alcool, de tabac, de médicaments d'ordonnance (p. ex., benzodiazépines, opioïdes), de médicaments en vente libre (p. ex., dimenhydrinate, acétaminophène avec codéine) et de drogues de rue (p. ex., cocaïne, cannabis, héroïne).

Les questionnaires de dépistage (p. ex. le test CAGE) peuvent vous aider à identifier rapidement un problème d'usage d'une substance, ou à déterminer le niveau de dépendance. Une fois détecté, ou soupçonné, un trouble de l'usage d'une substance, demandez au patient :

  • l'ampleur de sa consommation
  • les conséquences de cette consommation
  • la disposition de celui-ci à entreprendre un traitement.

Mise en œuvre de stratégies efficaces de dépistage

Les patients ont souvent des difficultés à révéler et à quantifier leur utilisation d'une substance. Leur demander combien ils en utilisent plutôt que s'ils en utilisent les autorise à être plus honnêtes avec vous.

Voici d'autres stratégies pour faire surmonter aux patients la honte, la crainte ou la réticence qu'ils peuvent ressentir à avouer leur problème :

Préparer le patient à la question: « Pour mieux comprendre votre état, je vais vous interroger sur votre consommation d'alcool, de tabac et d'autres drogues. Êtes-vous d'accord ? »

Banaliser l'usage d'une substance : « Certaines personnes souffrant d'anxiété se soignent elles-mêmes en prenant de l'alcool pour les aider à faire face. Cela décrit-il votre propre situation? »

Surestimer la quantité : « Combien de bières pouvez-vous boire avant de vous sentir ivre ? Est-ce plutôt 24 ou plutôt 12 ? »

Abus de médicaments sur ordonnance : Signes d'alerte

Dans les cas où vous soupçonnez un abus de médicaments sur ordonnance, il faut rester vigilant quant aux indicateurs d'utilisation problématique potentielle. L'abus de médicaments d'ordonnance peut par exemple se voir quand un patient est traité par benzodiazépines pour un trouble anxieux, ou par opioïdes pour une douleur chronique.

Les signes indiquant une utilisation problématique de médicaments d'ordonnance incluent les suivants :

  •  manque rapide de médicaments, prenant la forme de :
    • multiples augmentations de doses, sans preuve d'efficacité
    • multiples épisodes de « perte » d'ordonnances
    • « emprunts » de médicaments à la famille et aux amis
    • demande d'ordonnances auprès de plusieurs professionnels de la santé
  • dégradation du fonctionnement
  • refus d'envisager d'autres options thérapeutiques malgré l'absence d'effets bénéfiques du traitement en cours

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