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Prise en charge du patient suicidaire

Cible de la prise en charge d'un risque de suicide

Toutes les personnes suicidaires sont ambivalentes, voulant à la fois mourir et vivre. Gardez à l'esprit que la suicidalité est un état fluctuant qui peut grandement se modifier en l'espace de quelques heures.

De ce fait, la prise en charge du patient suicidaire doit :

  • optimiser la sécurité de la personne
  • lui exprimer qu'elle vous préoccupe, que vous êtes soucieux de son bien-être et qu'elle a tout votre soutien
  • agir, quand cela est possible, pour diminuer le risque de suicide, et développer les raisons de vivre
  • offrir un soulagement symptomatique immédiat de l'insomnie, l'agitation et l'anxiété
  • traiter les troubles psychiatriques identifiés (voir le tableau 13.2 sur la prise en charge de la suicidalité dans le cadre de diagnostics psychiatriques spécifiques)
  • apporter de l'espoir quant aux résultats positifs du traitement.

La sécurité personnelle des fournisseurs de soins primaires ne doit pas être négligée. Si un patient suicidaire vous menace de quelque manière que ce soit sortez-vous, et sortez les autres, immédiatement de la situation et appelez le 9-1-1.

 

Tableau 13.2 : Prise en charge de la suicidalité dans le cadre de diagnostics spécifiques

Diagnostics psychiatriques

Répercussions sur la prise en charge

Troubles dépressif caractérisé

Les antidépresseurs peuvent accroître la suicidalité. (rare); ce phénomène survient tôt dans la vie et peut-être de manière plus fréquente chez les adolescents.

Faire un suivi hebdomadaire pendant les quatre premières semaines, puis bihebdomadaire les quatre semaines suivantes.

Schizophrénie

La clozapine est indiquée chez les patients à haut risque de comportement suicidaire.

Trouble bipolaire

Le lithium peut être le médicament de choix chez les patients à haut risque de comportement suicidaire.

Abus de substance

Évaluer la présence d'une dépression prolongée durant les premières semaines de sevrage ou de  réduction de consommation.

Personnalité borderline

La thérapie comportementale dialectique et d'autres psychothérapies peuvent réduire le risque de comportement suicidaire. 

Le patient avec un projet de suicide et une ferme intention de le réaliser

Si votre patient a un projet de suicide et vous dit avoir fermement l'intention de le réaliser, ou si ce projet est hautement mortel (par ex., utilisation d'une arme à feu), il n'est plus justifié de l'interroger plus avant. Ce patient doit être immédiatement transféré à l'urgence la plus proche.

Le patient à l'intention faible mais aux facteurs de risque sérieux

Si votre patient nie avoir un projet de suicide ou n'a pas vraiment l'intention de le réaliser à court terme, mais qu'il présente au moins un facteur de risque sérieux, demandez une consultation psychiatrique en urgence (dans les 24 à 48 heures). Suivez également ces différentes étapes de prise en charge :

  • Quand cela est possible (avec l'accord du patient) faites confirmer les antécédents par la famille, les amis et les collègues de travail, pour confirmer votre évaluation du risque.
  • Faites enlever du domicile toute arme ou tout médicament mortels. Confiez à un membre de la famille ou à un ami la responsabilité de vous appeler pour confirmer que cela a été fait. Si vous avez des raisons de douter qu'armes et médicaments aient été supprimés, faites intervenir la police.
  • Assurez-vous que le patient et sa famille savent comment vous joindre en cas d'aggravation des pensées suicidaires.
  • Offrez un soulagement symptomatique (par ex., de petites quantités de benzodiazépines pour l'agitation ou l'insomnie, mais à une dose suffisamment élevée pour que cela soit efficace).
  • Rencontrez le patient le jour suivant pour le réévaluer, puis fréquemment (selon le niveau de l'intention suicidaire) jusqu'à la consultation psychiatrique.

Le patient qui a des pensées suicidaires mais pas de projet précis

Les patients qui ont des pensées suicidaires sans projet précis et aucun facteur de risque sérieux (par ex., une simple tentative préalable) peuvent souvent être pris en charge dans le cadre des soins primaires.

  • Discutez avec un membre de la famille, un ami ou un collègue de travail pour confirmer vos impressions et compléter les antécédents.
  • Faites enlever du domicile toute arme mortelle ou toute quantité dangereuse de médicaments. Confiez à un membre de la famille ou à un ami la responsabilité de vous appeler pour confirmer que cela a été fait. Si vous avez des raisons d'en douter, vérifier avec un autre membre de la famille, ou faites intervenir la police s'il s'agit d'armes à feu.
  • Assurez-vous que le patient et sa famille savent comment vous joindre en cas d'aggravation des pensées suicidaires.  
  • Si votre patient vit seul, essayez de trouver un membre de la famille ou un ami qui reste avec lui jusqu'au moment où le traitement commence à faire effet.
  • Offrez un soulagement symptomatique (par ex., de petites quantités de benzodiazépines pour l'agitation ou l'insomnie, mais une dose suffisamment élevée pour que cela soit efficace).
  • Instaurez un traitement pour la dépression. Quand cela est possible, faites le choix d'un ISRS plutôt que de drogues plus agressives comme les tricycliques et les IMAO. Enseignez à votre patient ce qu'il doit savoir sur la dépression, communiquez-lui de l'espoir, et rassurez-le quant à une issue positive de son problème.  
  • Encouragez le patient à réduire ou arrêter sa consommation d'alcool.
  • Penchez-vous sur les problèmes relationnels et les autres facteurs de stress. Orientez le patient vers du counseling si vous n'en offrez pas vous-même.
  • Pendant le premier mois rencontrez le patient de manière au moins hebdomadaire, pour suivre les paramètres suivants :
    • suicidalité
    • observance thérapeutique
    • effets indésirables du traitement
    • réponse au traitement.

Traduction du texte tiré et adapté de : Marilyn A. CravenPaul S. Links and Gregor NovakAssessment and management of suicide risk, Psychiatry in Primary Care (CAMH, 2011).


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