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Mettre en place l’auto-assistance avec soutien. Étape 3 : Aide

  La troisième étape de l'AAS est d'aider votre patient à acquérir ces compétences d'auto-assistance.

Aidez le patient à trouver un point de départ

Aidez votre patient à sélectionner la première compétence qu'il souhaite acquérir ou le premier problème qu'il souhaite régler. Par exemple, pour un patient dépressif inactif et isolé socialement, il peut être approprié de commencer par l'activation comportementale (voir ci-dessous). Si le patient a des pensées excessivement négatives et très critiques vis-à-vis de lui-même, la reconstruction cognitive peut être un bon point de départ (voir ci-dessous). Si le patient, enfin, se sent dépassé par un aspect précis de sa vie, envisagez de commencer par la résolution de problèmes structurée (voir ci-dessous).

Offrez un soutien continu

Un soutien continu peut inclure des encouragements pour que le patient continue à mettre en pratique les compétences et une aide pour qu'il aborde de nouvelles compétences et se fixe de nouveaux objectifs. La faisabilité de ce soutien continu dépend en partie du temps dont vous disposez dans votre pratique. Un soutien continu peut n'être possible que pour certains patients, mais il renforce l'efficacité de l'intervention.

Expliquez les compétences d'auto-assistance

Bien que chaque manuel ou programme d'auto-assistance ait sa propre approche et mette un accent plus spécifique sur certaines compétences, la plupart couvrent un certain nombre de compétences clés. Pour la dépression, trois compétences clés sont l'activation comportementale, la restructuration cognitive et la résolution de problème structurée.

Activation comportementale

Classiquement, les personnes déprimées deviennent moins actives. Elles se retirent de la société, se négligent, et ont moins d'activités de loisirs ou autres. Le patient peut considérer cette attitude comme une manière de rester fort, mais l'inactivité aggrave généralement l'humeur dépressive, et ralentit la guérison.

L'activation comportementale est enseignée étape par étape. Des activités ciblées sont définies. Il s'agit souvent d'activités sociales ou liées aux soins de la personne, dont la fréquence a diminué au début de la dépression. Il faut encourager le patient à planifier l'activation, c'est-à-dire :

  • la spécifier en décrivant concrètement ce qui va être exactement réalisé
  • la rendre réaliste, en choisissant des objectifs modestes et faisables, même si le patient continue à se sentir déprimé
  • la consigner dans un échéancier et la cocher quand elle est terminée. Cocher tous les objectifs atteints peut constituer la seule récompense du patient au début, mais cela prouve qu'il a relevé un défi et fait quelque chose d'utile pour sa guérison.

Restructuration cognitive

Cette compétence répond à l'aspect cognitif de la dépression. Les personnes dépressives pensent souvent à elles-mêmes et à leur situation d'une manière négative qui n'est pas réaliste. Cette attitude peut prendre la forme d'une autocritique dure et injuste, d'une approche pessimiste de leur situation en cours, et d'attentes négatives, là encore irréalistes, pour le futur.

Pour modifier ce style de pensée, il faut d'abord enseigner au patient à identifier ses pensées négatives fausses, injustes et non réalistes, en sachant qu'il existe des styles de pensée dépressive courants; par exemple, certaines personnes amplifient les aspects négatifs d'une situation ou s'apposent elles-mêmes une étiquette qui les dénigre.

En restructuration cognitive, la personne apprend à répondre à un ensemble de questions pour rendre ses pensées à la fois plus justes et plus réalistes; par exemple, en demandant : « Puis-je obtenir des données probantes pour évaluer la situation ? » ou « Que dirais-je à un ami dans la même situation ? » Elle doit exercer ses pensées à être justes et réalistes dans des situations où elle aurait normalement des pensées négatives et sévères. Au moment où surgissent ces pensées typiques de la dépression, elle doit mettre au défi ses pensées négatives et mettre en pratique des alternatives justes et réalistes.

Résolution de problèmes structurée

Les personnes dépressives peuvent avoir de très importantes difficultés à résoudre leurs problèmes. Elles tendent à surestimer la gravité des problèmes, à sous-estimer leurs propres ressources pour y faire face, et à se sentir en situation de blocage quand il s'agit d'élaborer un plan d'action. Aider les patients dépressifs à résoudre leurs problèmes augmente ainsi leur sentiment de compétence personnelle.

La résolution de problèmes structurée commence par cerner un problème qui n'est pas trop difficile. Le patient identifie ensuite trois actions qui iraient au moins dans le sens d'une solution, et fait la liste des avantages et des désavantages de chacune d'entre elles. Finalement, il en choisit une et commence à la mettre en pratique. Il s'agit ici d'élaborer un plan d'action spécifique, réaliste, et fixé. Au fur et à mesure que le patient développe ses compétences de résolution de problème, des problèmes plus difficiles peuvent être abordés.

Les outils d'auto-assistance répondant à d'autres problèmes de santé mentale ciblent, bien sûr, l'enseignement d'un ensemble différent de compétences (par ex., relaxation, exposition graduelle aux situations). 

Traduction tirée et adaptée de : Dan Bilsker and J. Ellen Anderson, Supported self- management for common mental health problems, Psychiatry in Primary Care (CAMH, 2011)


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